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Je crois que j’ai toujours eu plus de dispositions pour la peinture que pour n’importe quel autre art, même si mon cœur voulait honorer plusieurs Muses.
Plus que le dessin en soi, la couleur m’était une seconde nature. Ma mère me raconte que petite, je m’amusais à lui analyser les différentes nuances de tout ce qui pouvait composer mon univers visuel. Je lui décomposais les couleurs des nuages, comme je l’aurais fait sur une palette, lui indiquant en quelle proportion elles intervenaient. J’étais aussi irrépressiblement attirée par tout type de nuanciers, allant jusqu’à collectionner ceux que je trouvais dans le bureau de mon père, architecte... Des différents arts pour lesquels je me suis passionnée, la peinture a sans doute été le plus instinctif. Cela m’a rattrapé avec le temps, comme une évidence...
Je crois que j’ai toujours été séduite par l’immédiateté des sentiments que procure une belle image. Une peinture est comme une fenêtre ouverte sur un monde intérieur. Plus la peinture est ressentie, plus la technique est maîtrisée, et plus le spectateur a de facilité à se glisser dans une scène jusqu’à la ressentir.
Par ailleurs, le dessin est une façon de jalonner le temps. Certains sont boulimiques de photos, comme pour se raccrocher aux souvenirs dont ils font une digue au temps qui passe. En ce sens, le dessin m’a aussi servi à immortaliser des souvenirs chers, au gré de mes peintures. Elles sont comme un journal intime en images, plus évocatrices qu’un texte, car plus ouvertes : je sais ce que j’y ai mis, mais chacun peut y lire ce qu’il veut...
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