|
Chacun de nous a des secrets qu’il ne peut partager. Je ne parle pas forcément de zones d’ombres, ni de fardeaux, mais simplement d’émotions qui sont restées prisonnières à cause d’une certaine forme de pudeur, ou inhibée par les conventions sociales.
Pour moi, une peinture est réussie quand une personne qui la regarde sent qu’on a touché ses propres secrets, ses propres sensibilités enfouies. Comme on fait vibrer les cordes d’un instrument par sympathie, le spectateur va vivre quelque chose d’intime et de profond qui n’appartiendra qu’à lui, et qui aura été libéré par cette étrange rencontre avec la sensibilité de l’artiste, traduite dans la peinture.
Certaines peintures sont comme des clefs. Elles ne fonctionnent pas sur toutes les serrures, mais parfois, il y a concordance. Ainsi, certaines personnes m’ont avouées avoir pu découvrir quelque chose sur elles-mêmes, qu’elles ignoraient alors, ou refoulaient. Parfois simplement, elles ont fait un beau voyage. Dans les deux cas, c’est pour moi une réussite, car le pinceau a rempli une mission affective. Il est passé d’un dessin égoïste à un dessein altruiste.
|